Vous prendrez bien une quatrième dose

L’offre est toujours une affaire commerciale dans la mesure où il y a une proposition en direction d’un demandeur. Loin de toute transaction commerciale, elle peut relever d’un certain altruisme envers autrui quand il s’agit de lui venir en aide (offrir un coin de parapluie), acte de bienveillance, dénué d’intérêt. Selon le produit, le contexte, la formulation, en filigrane s’imprime une imposition indirecte parfois, lorsque tout est mis en œuvre pour qu’un refus soit sanctionné. Le vaccin contre le covid 19 a dans un premier temps été mis à disposition d’une population qui pouvait ou non se rendre dans les vaccinodromes vite créés.

La pandémie en 2020 a augmenté la pression, levant un vent de panique à cause de la saturation hospitalière des urgences covid. Jusque-là, l’information conseillait aux personnes fragiles d’adhérer à ce mode de protection. La stratégie utilisée présentait les aînés comme groupe vulnérable à servir en premier. La mortalité dans les EHPADS en France a été le début d’une évidente contamination et de ses effets délétères.

La première dose s’est étendue aux adultes puis aux personnes de 18 ans dont la Guadeloupe a eu la primeur. En avance sur la France pour des raisons de gestion de stock, probablement, l’île devenait pionnière dans ce cas-ci tout en se maintenant à un taux vaccinal jugé bas. La première, était envisagée comme unique dose, avec un rappel un an après comme les précédents vaccins.

L’annonce d’une seconde piqûre pour cause de diminution immunitaire à six mois de distance a mis à mal la compréhension, réveillant la méfiance d’une frange de la population. Le même schéma était à l’œuvre, les personnes âgées, les adultes et cette fois, la possibilité d’étendre la protection aux enfants de 12ans. Sans délai d’acceptation et de cheminement mental, les indécis ne trouvaient aucun élément d’explication capable de les rassurer et d’infléchir leur posture. Le doute taraudait les imaginaires d’autant plus que les instances sanitaires n’agitaient que le drapeau de la menace. Israël s’engouffrait dans la troisième dose, le durcissement, la sanction des refus, les restrictions. Dénégation des scientifiques français, rien ne laissait présager une telle décision. De toute façon, on verra !!

Peu de temps après, troisième dose ou annulation du pass sanitaire. Les populations se sont senties piégées. La dérobade ou la soumission. L’obligation vaccinale pour les personnels de tout centre de santé, pas seulement pour les soignants, dévoilait la cruauté d’un système qui brisait la résistance ou l’érodait « pour votre bien ». Difficile à croire pour la plupart des gens, l’équation protection/destruction. A l’analyse le paradoxe gît dans la communication dysfonctionnelle du tout et du contraire de tout, pourvoyeur de pathologie mentale. Continuité de la stratégie, d’abord les personnes âgées, système immunitaire reboosté encore à la baisse, puis les adultes, cheminement identique aux précédents.

Variants et contamination, deux boucs émissaires personnifiés par les antivax, justifient le pass vaccinal qui n’est qu’une obligation vaccinale pour tous qui ne dit pas son nom. Sanctionnés, punis, privés de salaire de plaisir, de voyage, de sport, ils sont relégués au titre de pestiférés, responsables de tous les maux, montrés du doigt, auxquels s’ajoutent le sentiment de rejet, de dévalorisation.

La suppression du pass vaccinal a permis une petite reprise économique, les parias en nombre supérieur aux vaccinés, sont autorisés à s’asseoir à la table des restaurateurs, à profiter des lieux de culture, à se sentir presque humains. Cependant les suspendus ne regagnent pas leur institution professionnelle, victimes d’une loi que l’union européenne désapprouve. La France ne fait peut-être pas partie de l’Europe.

Les nouveaux variants, plus contagieux mais moins dangereux (ce sont les scientifiques experts qui l’affirment), ont libéré les visages des masques, à l’extérieur et à l’école, malgré une déferlante des contaminations qui n’engorge pas les hôpitaux. Excédés, des vaccinés ont refusé de recevoir la troisième dose en criant que cela suffisait, taraudés par l’impression que cela serait sans fin et que certaines choses cachées ne leur était pas dites. D’autres craignant de tout perdre sauf la face, menaçaient qu’une quatrième dose ne serait pas acceptée. Des voix se sont élevées chez les artistes connus en France avant qu’aucun secret ne soit révélé à propos d’une quatrième injection. C’était avant.

Seulement voilà, la ritournelle /stratégie annonce une quatrième dose d’abord pour les aînés, encore en baisse immunitaire, mais aussi à partir du mois de septembre, viendra le tour du groupe des 60 ans. De façon progressive et graduelle, la chose toujours recommencée laissera-t-elle muettes les bouches qui ont parlé de coup d’arrêt après la troisième dose, oseront-elles aller jusqu’au bout de leur refus ?

Les méandres de la stratégie

L’analyse révèle les moyens employés dans la persuasion des bienfaits de la vaccination.

  • Commencer par les plus vulnérables, ceux à qui on doit la vie en édifiant un système de prise en charge les sauvant de la mort. Ne pas accepter que ses parents en bénéficient expose à une grande culpabilité surtout si quelqu’un de la fratrie donne son accord.
  • Continuer la tournée. Les plus âgés à l’abri, les tranches d’âge en dessous reçoivent une proposition qu’elles peuvent en première instance décliner ou pas. La chance n’est pas généralisée à la totalité de la planète, des régions du monde n’ont pas accès à ce privilège. L’inquiétude s’empare des parents aimants. Quand les enfants sont en danger, le devoir des donneurs de vie est la mise en sécurité de la progéniture. 
  • Contraindre et éradiquer la résistance à partir de la seconde dose s’inscrit dans une suite logique d’étapes pour l’obtention d’un résultat. La division des groupes, la création d’une loi pour ce faire, la négation des droits, l’amplification des différences, le pire est le déni qui rejette la faute sur les victimes. Ajouté à cela le délit d’innocence : il manque des soignants, ils sont en congé de maladie bien sûr. Personne n’évoque les suspendus. Comment justifier la fermeture de lits en pleine pandémie ? Quelle question !

L’absence d’informations 

Les-scientifiques autant que les personnels médicaux ne répondent pas de manière satisfaisante au questionnement des populations. Les interrogations le plus souvent portent sur :

  • La durée réelle de la défense immunitaire chez les vaccinés et les non vaccinés, et chez ceux qui ont eu le covid, vaccinés ou non. Au départ l’immunité selon les affirmations étaient de six mois, puis de quatre mois puis de trois mois. 
  • L’explication de la diminution de la protection apportée par le vaccin avec le temps 
  • Les raisons d’une quatrième dose appelée deuxième rappel
  • La contamination et l’équivalence d’une dose de vaccin 
  • Le grand dépassement du délai entre deux doses : retour à la case départ,
  • Les risques du vaccin 
  • Les effets secondaires et la formation, puisque pour les reconnaître faudrait-il déjà les connaître
  • L’efficience de la collecte des symptômes inhabituels des patients connus par le médecin référent. L’existence d’un recueil des données.

Sont rapportées là les questions les plus fréquentes surgissant au décours de l’expression du mal-être psychologique qui ne s’adressent pas au thérapeute. Elles sont libérées dans le flot de souffrances à déverser. Les ruminations internes face à la vacuité d’explications claires, accessibles, sont insérées dans un doute à l’évocation de possibles effets secondaires, qui blesse le patient. La pédagogie a manqué, remplacée par mépris, menaces et inhumanité. La division en un peuple d’élus et les autres, ignares, irresponsables, bons à humilier sont des blessures narcissiques tenaces, perturbatrices. Il aurait suffi d’expliciter encore et encore en s’aidant des représentations de la société, inventant des images qui renvoient à une réalité quotidienne, tout en respectant le libre choix de chacun. La publicité contribue à créer des besoins, l’utilisation de ses outils aurait été nécessaire à la compréhension d’un phénomène inhabituel.

Renseigner sur une pathologie c’est déjà en avoir la maîtrise suffisante en décrivant ses symptômes avec honnêteté. Avouer les limites de ses connaissances n’a rien de dégradant. L’état actuel des connaissances est la formule consacrée qui permet avec élégance de dire que l’on est aux balbutiements de la recherche. On a vu défiler sur les médias toutes les catégories de spécialistes et de généralistes, en France, chacun dans l’affirmation de sa contradiction, écouter les émissaires du bien bâillonnant la voix guadeloupéenne d’une prise en charge différente, émettre la pensée unique de l’inexistence des effets secondaires en censurant la démonstration du contraire.

Qui a pensé à instruire, à ouvrir des espaces de discussion en considérant chacun sur le même pied d’égalité, qui s’est soucié un seul instant de la capacité de réflexion individuelle et collective. Des inepties à la pelle qui subiront le même sort que les procès pour la réparation, un non-lieu. Négation des préoccupations, des modes de vie, des besoins, des êtres et de leur humanité.

La gestion de la pandémie dans ses dysfonctionnements n’a pas tenu compte des attentes, des peurs, des espoirs déçus. Aujourd’hui les mots n’ont plus de résonnance. La menace d’un deuxième rappel ne laisse plus de place à l’incrédulité. Elle sert d’escorte au vaccin annuel recouvert de mystère dans sa composition. Sera-t-il issu du variant du moment puisque le traitement pour un variant est inefficace pour un autre ?

Vous prendrez bien une quatrième dose.

Fait à Saint-Claude le 1er mai 2022

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