La quête de bien-être

Dès lors qu’une partie de la population ne s’est plus préoccupée à se mettre à la recherche de nourriture sitôt sortie du lit, les femmes surtout, d’autres impératifs se sont faits jour en rapport avec l’évolution sociale.

L’avancée économique et ses corollaires, l’emploi, le pouvoir d’achat, l’acquisition des biens, ont transformé les modes de vie de la société de consommation, ont généré des besoins nouveaux, facilitateurs de bien-être. La modernité se moquerait du « Qu’est-ce qu’on mange » de l’époque ancienne en regard au frigo plein de victuailles aussi appétissantes les unes que les autres.

L’avoir et la surconsommation ont fait naître une confusion entre satisfaction et pouvoir d’acquisition, synonyme de puissance. Ces biens de consommation iniquement extérieurs présentés comme pourvoyeurs de bonheur ne remplissaient que partiellement leurs fonctions ; il manquait ce sentiment de plénitude, de sérénité interne, de plein épanouissement de l’individu. L’offre de bien-être s’est imposée dans sa diversification, comme une denrée consommable dans la sphère intime et professionnelle.

Le Larousse définit le bien-être comme : « Un état résultant de la satisfaction des besoins du corps et du calme de l’esprit » mais aussicomme :« Une aisance matérielle qui permet une existence agréable. » Cette définition ne saurait être complète si ne venait s’ajouter que cet « Etat est lié à différents facteurs considérés de façon séparée ou conjointe, la santé, la réussite sociale ou économique, le plaisir, la réalisation de soi, l’harmonie avec soi-même et avec les autres. »

Ma première interrogation m’a dirigé vers l’exploration de la sphère professionnelle dans une société où le taux de chômage s’élève à 22% et à 58% chez les jeunes, où l’absentéisme défie tous les records. L’absentéisme est l’indicateur d’un profond malaise.

A considérer l’image du travail, travail devoir, travail punition, travail destin, les vieux mythes ne sont pas morts, mais ils commencent à être écornés. La modernité et ses nouveaux besoins l’ont engoncé dans deux autres représentations en parallèle : l’utilité sociale et la recherche d’identité professionnelle. Il devient dès lors, important de sauvegarder le travail en tant que valeur fondamentale de la vie individuelle et collective.

La transformation du rapport au travail a été accélérée par la crise économique de 2009. Une conception sécuritaire s’est développée dans les catégories les plus vulnérables de la population. Elle est particulièrement forte chez tous ceux qui se sentent menacés dans leur vie professionnelle pour des raisons diverses : manque de formation, charge de famille, entreprise ou profession vulnérable. On rencontre aussi chez les personnes les plus attachées à la consommation une conception financière de l’activité. Leur division du travail est simple et concrète. Il s’agit avant tout de bien gagner sa vie, afin de pouvoir dépenser sans trop compter.

Une conception affective s’est déployée chez ceux qui accordent beaucoup de place aux relations humaines dans le travail et qui cherchent à s’épanouir. Les jeunes et les adultes de la classe moyenne en sont les prototypes ; l’environnement (collègues, hiérarchie, espace de travail) comptent autant que la nature de l’activité elle-même.

Puis, la conception libertaire s’ingénie à considérer le travail comme une expérience personnelle. Ce qui séduit ses adeptes, est la possibilité de créer et de réaliser quelque chose par soi même. Ils sont ouverts à toutes les formes nouvelles de travail, tels le temps partiel ou l’intérim.

Le niveau de satisfaction dans le travail n’est pas très élevé selon les dires d’un certain nombre, ce qui traduit l’angoisse du chômage et une diminution de la confiance dans l’établissement, additionnée d’une frustration générale dans la vie professionnelle.

Dans les métiers encore teintés de prestige mais où on ne s’enrichit pas, les attentes qualitatives sont en inflation : être utile, exercer des responsabilités, participer à un projet collectif, apprendre à se développer sur le plan personnel, avoir des contacts enrichissants, créer. On peut rapprocher cette évolution de celle de la consommation même si le fait de s’entourer d’objets matériels est considéré comme la condition suprême de la réussite et du bonheur pour quelques-uns.

Pour d’autres, les satisfactions immatérielles (culturelles, identitaires, spirituelles) font partie de leur consommation. En Guadeloupe le fait d’avoir un emploi est une condition espérée pour être heureux. Mais le bien-être au travail ici participe-t-il à une réalité ?

L’OMS stipule que le bien-être au travail est : « Un état d’esprit caractérisé par une harmonie satisfaisante entre d’un côté les aptitudes, les besoins et les aspirations du travailleur et de l’autre les contraintes et les possibilités du milieu du travail. ». C’est dire que la notion de bien-être ne se résume pas à la santé des salariés. Elle représente un état d’esprit global et subjectif lié à la satisfaction, l’épanouissement et le confort pour le corps et l’esprit. Elle englobe plusieurs facteurs dédiés à l’amélioration de la qualité de vie au travail et à la prévention des risques psychosociaux en entreprise.

L’image de cette femme assise sur un banc à l’extérieur de l’espace professionnel, se plaignant de ne plus pouvoir respirer les relents odorants de fumée, qui la rendent malade, suite à l’incendie du CHU donne à réfléchir. Ainsi pour démontrer efficacement combien la notion de bien-être au travail est une priorité, prenons l’exemple des soignants dans le système hospitalier.

 La violence est en augmentation dans les espaces de soins. Elle augmente le stress généré par les difficultés courantes. Le service des urgences, premier lieu d’accueil est soumis aux impondérables, se prêtant aux situations et aux pathologies les plus variées.

La population dans son ensemble a une perception large des urgences, les utilisant de plus en plus comme une consultation permanente qui répond à l’immédiateté de l’angoisse et du soin. Travailler aux urgences requiert un savoir-faire à la croisée du social, du psychologique et du médical. Cela fait appel à l’écoute et à la patience en plus de la rapidité d’exécution habituelle. Il faut faire face à l’anxiété des personnes qui peut avoir un impact en miroir sur les émotions, faire face aux demandes abusives et au tout tout de suite, une consommation de l’immédiateté avec impossibilité de la différer due à une angoisse de toute puissance souvent ingérable. Le stress des demandeurs renvoie à une peur archaïque et fondamentale de la mort que les médias et la technologie nouvelle ont élevé au rang de l’invulnérabilité, une gestion de la misère sociale qui ne présente pas de motif médical pour lequel personne n’est préparé.

Un médecin du SAMU appelé pour une urgence à domicile trouve la mère morte assassinée et la petite de deux ans par terre à ses côtés. La nuit est déjà bien avancée, aucune issue à ce dilemme, il embarque la petite fille et l’emmène au service des urgences, attendant l’ouverture du jour et l’établissement de lien avec une assistante sociale. Parfois le stress personnel s’ajoute au stress professionnel ; on sait le volume des voitures dans les embouteillages.

Les situations stressantes ne sont pas gérées de la même manière. Les réactions des uns et des autres répondent à critères précis, tels la personnalité, les tracas intimes, l’absence de maîtrise de soi. Les autres services hospitaliers subissent des violences, mais aux urgences le pic paroxystique semble atteint. Les services sont des microcosmes s’étayant sur les mêmes bases sociologiques et psychologiques que la société avec ses échecs et ses réussites, ses défauts et ses qualités. Les évènements qui s’y passent ont valeur d’exemple tant nous reproduisons au travail ce que nous sommes à l’extérieur. On peut y observer un paramètre supplémentaire : la réussite professionnelle. Qu’il existe des relations conflictuelles entre les équipes, sont choses somme toutes banales, personne ne peut se vanter de bien s’entendre avec tout le monde.

De plus, le contexte hospitalier a un fonctionnement particulièrement affectif qui autorise les excès comportementaux, véritable soutien et piège à la fois. Dans ce paradoxe de vie où se côtoient la mort et la vie, où se mêlent la protection et le rejet, peut-on réguler l’humeur sociale ? L’accueil insuffisant, le comportement affectif, le pouvoir, la rivalité, la jalousie, l’inégalité des tâches, sont des paramètres à base de relations conflictuelles.

Le harcèlement moral est une autre forme de relation conflictuelle en passe d’être mieux reconnue après avoir été longtemps tabou : « Elle est une souffrance infligée sur le lieu de travail de façon durable, répétitive et/ou systématique, par une ou des personnes à une autre personne, par tout moyen relatif aux relations, à l’organisation, aux contenus ou aux conditions de travail, en les détournant de leur finalité, manifestant ainsi une intention consciente ou inconsciente de nuire, voire de détruire. » C’est une nouvelle forme de violence sournoise composée d’humiliations et de manipulations qui rend la vie infernale et déséquilibre la victime jusqu’à sa chute finale, le suicide ou la dépression.

Les conditions de travail sont déterminées par l’environnement matériel et humain, elles s’alignent sur la loi des 5M. Le milieu, les matières premières, le matériel, les méthodes de travail, la main d’œuvre (les directions gèrent comme elles peuvent les effectifs.) Restrictions budgétaires, restructurations, absentéisme et/ou accidents de travail, la pénurie est lourde à porter.

Fatigue, agressivité, épuisement professionnel, burn out, le malaise se cristallise, auquel s’ajoute la confusion des rôles évoquée tout le temps en filigrane. La première fonction de la confusion des rôles passe par l’impossible contrôle que laisse supposer la non définition des responsabilités, sa seconde fonction est de se décharger de l’information qui pèse trop lourd psychologiquement, la troisième repose sur le besoin d’échanges et la volonté d’être dans une dimension relationnelle en quittant le monde de l’exécutif. On entre dans le sentiment d’utilité puisqu’en même temps qu’on annonce l’information, on va l’accompagner d’une dimension d’aide, d’écoute et de conseils.

La confusion des rôles rend service à tout le monde, elle valorise en même temps qu’elle répond à une attente. Dans un hôpital parisien, la technicienne de surface d’origine antillaise en bavardant avec la malade en instance de regagner la Guadeloupe, lui apprend que dans le service on ne soigne que des cancers, donc elle a un cancer. L’oncologue avait-il respecté l’obligation de l’annonce ? Le descriptif de ce que vivent les soignants au quotidien n’a mis en relief que ce qui paraissait le plus marquant. Mais il y en a bien d’autres.

Se pose la question des réponses à apporter à ces évidences : elles doivent être institutionnelles autant qu’individuelles. Rappel de la loi du 13 juillet 1983 : « La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l’occasion de leur fonction et de réparer le cas échéant le préjudice qui en est résulté. » L’ONU classe les pays les plus sensibles à l’épanouissement des travailleurs de façon régulière. Les pays nordiques arrivent en tête. La France occupe le 23rang.

Quels sont les fondements du bien être au travail ?

  • La reconnaissance qui renforce la motivation en impliquant les collaborateurs. Être écouté, respecté, reconnu est essentiel.
  • L’épanouissement : quand le travail est porteur de sens il permet la réalisation de soi. Se sentir utile dans un travail en équipe est gratifiant.
  • L’engagement consiste à l’intérêt porté à la tâche qui par ricochet participe à la réussite de l’institution
  • Les relations interpersonnelles : tisser des liens. avec ses collègues génère de l’entraide et de la confiance. Je suggère aux équipes de se retrouver dans un restaurant et de manger ensemble afin de ne pas s’entredévorer.
  • L’environnement de travail : le confort et la sécurité des espaces bonifient l’atmosphère ambiante.
  • La prévention du stress : la mise en place de cet outil devient de plus en plus indispensable

La qualité de vie au travail a des répercussions sur la motivation qui renforce et conditionne les tâches et les activités.

Quels facteurs entrent en compte dans ce bien être ?

  1. La pénibilité physique, 
  2. Les contraintes d’organisation du travail
  3. L’intensité du travail
  4. Les conflits éthiques
  5. La demande émotionnelle
  6. L’insécurité du travail

Que propose-t-on pour les traiter quand ils le sont ?

Des employeurs selon les besoins des salariés ont pris des mesures susceptibles d’améliorer les conditions de travail. En France une crèche à l’étage au-dessous de l’entreprise a diminué les retards, réduit l’absentéisme et permis d’allaiter plus longtemps les nourrissons. L’hôpital Sainte Anne à Paris a sa crèche installée derrière ses locaux. Il suffit de traverser la rue. Des entreprises suggèrent à tous de faire la sieste et le constat du rendement est assez surprenant. Il y a obligation de créer un espace de détente avec un four, une cafetière, table et chaises à défaut de place pour un fauteuil relax. La pause café est indispensable.

Ces mesures en arrière plan comportent une part d’intéressement de l’employeur. Par exemple aux USA, les programmes de santé ont été vantés comme des moyens d’augmenter la productivité en diminuant l’absentéisme. Aucun changement notable n’a été observé en matière de santé, de fidélité à l’employeur ou encore d’évolution de carrière.

L’objectif des programmes est de lutter contre l’absentéisme et d’améliorer la santé des salariés. Le coût du mal-être au travail est estimé à 12.000 euros par personne aux USA. Que contiennent ces programmes ? Cours de nutrition, de yoga, accompagnement d’arrêt du tabac. Ca marche peu. L’enjeu réside dans l’organisation de l’entreprise et son management, à savoir si les postes sont adaptés aux compétences, et avoir un bon environnement de travail.

La question du bien-être est donc indissociable de celle du management, et sur le plan personnel être heureux au travail suppose :

  • Trouver sa motivation
  • Identifier son besoin de reconnaissance
  • Tirer parti de ses échecs
  • Mettre à distance ses émotions
  • Harmoniser vie professionnelle et vie privée
  • Cultiver l’entraide entre collègue
  • Développer son réseau
  • Enrichir ses compétences
  • Ne pas tout attendre de l’entreprise
  • Etre indulgent envers soi-même.

La quête de bien-être individuel

L’ère de la happycratieest arrivée. Happycratie est une injonction sociale et morale qui consiste à rechercher à tous prix le bonheur personnel et la réalisation de soi dans toutes les sphères de la vie et ce par la consommation de marchandises tels les livres psy, les thérapies de toutes sortes, le coaching.

L’éventail s’ouvre à l’infini sur l’épanouissement, l’estime de soi, la réalisation de soi. Coach/nutrition, coach/sportif, méditation, cours de bonheur cours de développement personnel à l’université de Yale, école internationale du rire, stimulation des hormones de bien-être (endorphines, pour la morphine naturelle, sérotonine pour la bonne humeur, ocytocine pour l’attachement et la sécurité intérieure) l’industrie du bonheur a pris le contrôle des vies.

Cette recherche incessante de bien être devient une seconde nature, dévoilant des obsessions individuelles, hiérarchisant les émotions. où celles qui sont négatives n’ont plus leur place. La souffrance est devenue hors la loi et même le deuil commence à se gérer chez le psy. Evoquer son malheur, s’est encourir le risque d’être taxé de fragile, de mou ; la pression de l‘environnement génère de la culpabilité : incapable d’apprécier ce quel’on a. 

A quoi correspond un tel engouement pour les différentes pratiques venant de pays lointains exportant un savoir-faire issu de culture étrangère vers une société qui avait en héritage un certain nombre de valeurs constitutives de son équilibre.

A y regarder le monde est plongé dans une soif d’assistance psychologique et médicamenteuse, reflet et symptôme d’une société déstabilisée. Le déclin de la famille a fait voler en éclat l’expérience des aînés, l’affaissement des pratiques religieuses a eu un impact sur les règles de conduite, le sens des épreuves, l’absence du soutien rapproché d’une communauté de croyants : deux systèmes d’assistance et de création de sens. D’autres avaient trouvé ce viatique dans le militantisme politique, en désaffection.

Les psys, les coachs répondent aux besoins d’une société qui a perdu en quelques décennies un ensemble de valeurs et de réseaux sans s’être encore stabilisée dans un nouvel ordre.

Aujourd’hui pour vivre il faut un exceptionnel niveau de bonne santé psychologique. On attend que chacun soit capable de faire chaque jour de nouvelles connaissances, de repérer des amis ou des amours potentiels dans la foule (maintenant le virtuel essaie de pallier le manque), de convaincre un employeur de sa valeur, ou un futur conjoint, de travailler à un rythme soutenu. Le bonheur au centre de la vie renforce narcissisme et excès de confiance en soi. Les timides, les anxieux, les lents sont dans le doute. Avant les timides n’auraient fréquenté que des personnes connues depuis l’enfance, le conjoint serait trouvé dans un réseau familial ou par le biais d’une recommandation.

Le bouleversement des valeurs signale que la recherche de bonheur individuel remplace le péché : Epanouis-toi fait place à fais ton devoir. Les valeurs du devoir ne font plus recette. La valorisation de l’épanouissement personnel pousse à rechercher des vies plus libres et plus intenses ne serait-que dans le domaine amoureux mais expose à plus de frustrations. Le prêtre pouvait donner l’absolution mais le psychologue ne donne pas la jubilation mais il peut aider à trouver l’épanouissement et à gérer la désillusion sans le secours de la foi.

L’éducation actuelle des enfants est une double contradiction : être polis en dedans, savoir se défendre comme des lions dans la cour de l’école. 

Cette réclamation du droit au bien être correspond à l’incitation sociale à consommer du psychologique avec la vulgarisation des petits troubles jusqu’à l’estime de soi. Les entreprises ont tendance à demander à leurs dirigeants d’apprendre à gérer leur stress avec un psy et à améliorer leur performance avec un coach, leur permettant de faire l’économie d’une réflexion sur la mauvaise organisation de l’institution qui est, elle, stressante. Subsiste la croyance que les problèmes de société peuvent se résoudre sur le plan individuel. Quand la solution adoptée révèle ses limites et son inefficacité, force est d’en trouver une autre : quête incessante d’un manque mal identifié. 

Les excès

La surconsommation de psy au détriment du dialogue avec autrui, génère l’aggravation de l’état de victime des personnes qui ne cherchent pas à se remettre en question mais à conforter leur cause à faire valoir leur statut de victime, victime des parents, des supérieurs, des conjoints.

Ensuite, la décharge parentale qui sans pathologie particulière demande des consultations par manque de fermeté. Leur enfant est suivi, ils sont tranquilles. Il vaut mieux à leurs yeux être malades que reconnaître le manque de cadre éducatif et d’en assumer la responsabilité.

Puis, le refus d’assumer la souffrance (impossibilité d’annoncer à un proche ou à un enfant la mort d’un être cher, difficulté à gérer un deuil par étapes). Enfin une frilosité affective atavique : je ne veux rien savoir, j’ai déjà mes problèmes faisant écho à pa wakonté mwin pen pen ka twapéde l’ancien temps.

La demande de prise en charge psychologique dans certains cas tourne autour de :

  • L’attente d’être réparé pour permettre l’adaptation au monde
  • La délivrance du fardeau qu’est la transmission
  • La promesse de satisfaction sans limites dont l’unique interdit est celui qui pèse sur l’insatisfaction
  • L’économie de la fatigue d’être soi
  • Le désir de rester plonger dans un monde infantile délivré du mal
  • Le bonheur idéalisé que nul ne peut apporter puisque toute émotion négative est un évènement pathologique.

Pourtant, il y a de réelles raisons de se faire suivre pas toujours identifiées par une catégorie qui en aurait besoin : toutes les peurs, le sentiment d’un grand désarroi, l’idée obsédante d’en finir avec la vie, les problèmes d’identité, le manque à s’aimer etc…

Cependant il faut renoncer à la croyance que le psy par un coup de baguette magique a l’aptitude à trouver une solution immédiate à tous les problèmes. 

Les effets pervers de l’injonction : soyez en forme et heureux et souriant et, et, et…commence à faire l’objet de dénonciation. Le nouveau concept de simplexité : besoin de ralentir, de retour à la nature, d’aérer son moi prône le passage du bien-être au mieux vivre. Un programme est proposé, une autre route est à emprunter. Ses auteurs disent que le cerveau est programmé pour trouver des solutions, qu’il faut faire confiance à ses synapses même si parfois agir c’est ne rien faire. Suivez le guide, la nouvelle méthode est née et un nouveau livre avec, prêt à expliciter comment se débarrasser de l’amour démesuré de sa propre image. Devenez les adeptes futurs du bon choix de vie.

Cependant, il faut savoir que ces techniques ne sont pas des solutions, mais une façon de supporter les causes structurelles de nos problèmes au lieu de les combattre. Les personnes les plus épanouies affirment en général qu’« aider les autres permet de se sentir utile et d’être reconnaissant pour ce que l’on a ».

La Soulagerie, lieu où il est possible de libérer la parole, prouve que dans un monde de plus en plus régit par l’absence de communication, les personnes ont surtout besoin d’une écoute privilégiée.

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